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Compas bateau obligatoire : le kit navigation du côtier (2026)

Publié le 3 novembre 2026Mise à jour le 3 novembre 2026Équipe PassMy Côtier

Compas de route, cartes, RIPAM, balisage : les 4 obligations dès 2 milles d'un abri selon la Division 240, et pourquoi le GPS ne remplace plus le compas.

Compas bateau obligatoire : le kit navigation du côtier (2026)

Matériel de navigation 2026

Compas, cartes, RIPAM, balisage : les 4 obligations du côtier

Dès que vous dépassez 2 milles d'un abri, la Division 240 impose quatre instruments et documents de navigation. Ce guide les passe en revue un par un, avec le changement qui piège le plus de plaisanciers : le GPS ne remplace plus le compas.

Zone côtière

2 → 6

milles d'un abri

Obligations navigation

4

compas, cartes, RIPAM, balisage

Compas de route

A ou B

classe exigée, sans énergie

Vous avez un traceur GPS dernier cri au tableau de bord… et vous vous dites que le compas, c'est un objet de musée ?
C'est l'erreur la plus répandue chez les nouveaux titulaires du permis côtier. Et depuis fin 2024, c'est aussi une infraction dès que vous dépassez 2 milles d'un abri.

Rassurez-vous : la règle est simple. Elle tient en quatre lignes de la Division 240, et elle tombe régulièrement au QCM.

Sommaire rapide

  1. Les 4 obligations dès 2 milles d'un abri
  2. Le compas de route : ce qui a changé en 2024
  3. Lire un compas en 30 secondes
  4. Cartes, RIPAM, balisage : papier ou écran ?
  5. Pourquoi le GPS ne suffit pas
  6. Au-delà de 6 milles : ce qui s'ajoute
  7. Les 5 pièges du QCM
  8. FAQ

Les 4 obligations dès 2 milles d'un abri

La Division 240 raisonne par distance à un abri, pas par taille de bateau. Jusqu'à 2 milles, c'est le matériel « basique ». De 2 à moins de 6 milles — la zone du permis côtier — l'article 240-2.04 ajoute, entre autres, quatre éléments de navigation.

Article 240-2.04, points 5 à 8 — matériel de navigation côtier

ObligationCe que dit le texteFormes acceptées
Compas magnétique de route (pt 5)Étanche, fixé au navire, visible du poste de conduite, classe A ou B, compensé si nécessaire, éclairé, indépendant de toute énergie.Compas magnétique uniquement. Le GPS n'est plus accepté.
Cartes marines (pt 6)Officielles, issues d'un service hydrographique national, couvrant les zones fréquentées, tenues à jour.Papier, ou support électronique avec son appareil de lecture. Les extraits suffisent.
RIPAM (pt 7)Le règlement international pour prévenir les abordages en mer, ou un résumé textuel et graphique.Livret, plaquette autocollante ou support électronique.
Document de balisage (pt 8)Un document décrivant le système de balisage de la zone fréquentée.Plaquette autocollante ou support électronique.

Retenez la règle en une phrase : ce n'est pas votre électronique qui décide, c'est le texte. Un traceur, une tablette et une application ne remplacent qu'une partie de cette liste.

À noter : ces quatre obligations s'ajoutent au matériel basique (gilets, moyen de repérage lumineux, extincteur, écope, remorquage, mouillage, annuaire des marées hors Méditerranée) et aux trois feux rouges à main et à la bouée fer à cheval du côtier. La check-list complète est dans notre article sur l'équipement de sécurité Division 240.

Le compas de route : ce qui a changé en 2024

C'est le point qui surprend le plus. Jusqu'à fin octobre 2024, l'article 240-2.04 autorisait, en zone côtière, « un compas magnétique étanche, conforme aux normes ISO pertinentes, ou un système de positionnement satellitaire étanche faisant fonction de compas ». Un GPS étanche suffisait.

L'arrêté du 11 octobre 2024 (en vigueur depuis le 31 octobre 2024) a réécrit ce point. Depuis, il faut un compas magnétique de route, et le texte en fixe les caractéristiques :

  • étanche, fixé temporairement ou en permanence au navire ;
  • visible depuis le poste de conduite, et affichant le cap au poste de barre principal ;
  • de classe A ou B ;
  • compensé si nécessaire, selon le navire et ses champs perturbateurs ;
  • éclairé (éclairage interne, ou éclairable par un éclairage externe) ;
  • indépendant de toute source d'énergie, à l'exception de l'éclairage.

Ce dernier critère est la clé : un instrument qui a besoin d'être alimenté pour indiquer le cap n'est pas un compas au sens de la Division 240. Exit le GPS, exit le compas électronique seul.

L'arrêté du 21 mai 2026 a complété le mouvement : le même compas « conforme aux dispositions du 5. de l'article 240-2.04 » est désormais exigé, de 2 à 6 milles, pour les véhicules nautiques à moteur et les embarcations à propulsion humaine.

Comment savoir si votre compas est conforme ?

Le texte vous facilite la vie : un compas qui répond à la norme ISO 25862 : 2019 ou ISO 14227 : 2001 « n'a pas à démontrer » sa conformité aux critères ci-dessus. Vérifiez la notice ou la fiche produit : la norme et la classe y sont indiquées par le fabricant.

Deux vérifications pratiques avant la saison :

  • La compensation. Un compas installé près d'un haut-parleur, d'un moteur électrique ou d'un faisceau de câbles peut dévier de plusieurs degrés. Comparez son cap avec celui de votre traceur sur quelques routes connues ; en cas d'écart important, faites-le compenser.
  • L'éclairage. Si le compas n'a pas d'éclairage intégré, une lampe torche étanche ou l'éclairage du tableau de bord suffit, à condition de pouvoir lire la rose de nuit.

Lire un compas en 30 secondes

Un compas de route n'a rien de compliqué. La rose est graduée de 0 à 360°, et une ligne de foi (le repère fixe devant vous) indique le cap que suit le bateau.

  • Nord = 0° (ou 360°), Est = 90°, Sud = 180°, Ouest = 270°.
  • Le chiffre lu sous la ligne de foi est votre cap compas : la direction de la proue.
  • Pour virer à droite, le cap augmente ; pour virer à gauche, il diminue.

Une subtilité à connaître : la carte est orientée sur le nord vrai (géographique), alors que l'aiguille pointe le nord magnétique. L'écart s'appelle la déclinaison, et elle est indiquée sur la carte. S'y ajoute la déviation, propre à votre bateau, que la compensation réduit. Au niveau côtier, l'essentiel est de savoir lire un cap et de connaître les points cardinaux.

Un bon réflexe de sortie : notez votre cap de retour avant de partir. Si l'écran s'éteint, vous savez déjà où aller.

Cartes, RIPAM, balisage : papier ou écran ?

La bonne nouvelle, c'est que la Division 240 accepte le support électronique pour les trois documents, « et son appareil de lecture ». Trois conditions à respecter :

  • Des cartes officielles. Issues d'un service hydrographique national — en France, le SHOM. Une application de cartographie qui n'utilise pas ces données ne répond pas à la lettre du texte.
  • Tenues à jour. Une carte de 2015 jamais corrigée est une carte, mais pas une carte à jour. Les balisages bougent, les épaves aussi.
  • Lisibles à tout moment. Si vos cartes, votre RIPAM et votre document de balisage sont tous sur la même tablette, une batterie vide vous laisse sans rien. Prévoyez une alimentation, ou un extrait papier de votre zone habituelle : il coûte quelques euros et ne tombe jamais en panne.

Pour le RIPAM et le balisage, les plaquettes autocollantes vendues en shipchandler suffisent. Collées près du poste de barre, elles servent aussi d'antisèche en cas de doute sur une marque ou une priorité. Pour réviser avant de les coller, nos fiches mémo marques cardinales, marques latérales et règles de priorité couvrent l'essentiel.

Pourquoi le GPS ne suffit pas

On peut trouver la règle désuète. Elle ne l'est pas.

Le signal satellite reçu à bord est faible. Il peut être perturbé par les reliefs, par la météo, ou par un brouillage « volontaire ou accidentel », pour reprendre les mots du Figaro Nautisme dans une enquête de l'été 2026. Le danger n'est pas tant l'écran noir que la position fausse mais crédible, parfois décalée de plusieurs centaines de mètres.

Le compas, lui, ne dépend ni d'un satellite, ni d'une batterie. Avec une carte et une montre, il permet l'estime : vous savez d'où vous partez, votre cap, votre vitesse, le temps écoulé — donc à peu près où vous êtes. C'est exactement la redondance que la Division 240 vous impose, et la raison pour laquelle le matériel « pour faire le point » s'ajoute au-delà de 6 milles.

Un exercice simple pour une première saison : pendant une heure, masquez le traceur et naviguez au compas et à la carte. Nos conseils pour la première sortie après le permis et sur la météo go/no-go complètent cette préparation.

Au-delà de 6 milles : ce qui s'ajoute

Le permis côtier vous autorise jusqu'à 6 milles d'un abri (voir la règle des 6 milles). Pour l'examen comme pour la culture générale, retenez ce que la zone semi-hauturière (6 à 60 milles) ajoute au kit navigation, selon l'article 240-2.05 :

  • le matériel pour faire le point, tracer et suivre une route (règle, compas pointes-sèches, rapporteur…) ;
  • le livre des feux tenu à jour ;
  • un journal de bord ;
  • une VHF fixe, un radeau de survie, un dispositif de réception de la météo marine, des harnais, la trousse de secours et un projecteur de recherche.

Le compas de route reste le même : celui de l'article 240-2.04. L'annexe 240-A.1 résume tout cela dans un tableau par zone : compas, cartes, RIPAM et balisage apparaissent à partir du côtier ; matériel pour faire le point, livre des feux et journal de bord à partir du semi-hauturier.

Les 5 pièges du QCM

  1. « Un GPS peut remplacer le compas en zone côtière. » Faux depuis le 31 octobre 2024. Beaucoup de supports de révision anciens disent encore le contraire : fiez-vous au texte en vigueur.
  2. « Le compas est obligatoire dès la sortie du port. » Faux. Il entre dans le matériel côtier, donc à partir de 2 milles d'un abri. En basique, il n'est pas exigé.
  3. « Les cartes doivent être en papier. » Faux. Papier ou support électronique avec son appareil de lecture, à condition d'être officielles et à jour.
  4. « Le RIPAM complet est obligatoire à bord. » Faux. Un résumé textuel et graphique, même sous forme d'autocollant, suffit.
  5. « Le livre des feux est obligatoire en côtier. » Faux. Il n'apparaît qu'en semi-hauturier, avec le journal de bord et le matériel pour faire le point.

Sources officielles

Informations à jour au 3 novembre 2026, données à titre indicatif : les conditions exactes figurent dans le texte officiel de la Division 240.

Pour aller plus loin :

FAQ : compas et matériel de navigation obligatoire

Le compas est-il obligatoire sur un bateau de plaisance ?+

Oui, dès que vous naviguez à 2 milles ou plus d'un abri. L'article 240-2.04 de la Division 240 exige un compas magnétique de route, étanche, fixé au navire, visible du poste de conduite, de classe A ou B et indépendant de toute source d'énergie. À moins de 2 milles d'un abri, il n'est pas exigé.

Mon GPS ou mon traceur peut-il remplacer le compas ?+

Non. Jusqu'au 31 octobre 2024, un système de positionnement satellitaire étanche pouvait faire fonction de compas en zone côtière. L'arrêté du 11 octobre 2024 a supprimé cette possibilité : le compas doit être magnétique et fonctionner sans énergie, à l'exception de son éclairage.

Les cartes marines peuvent-elles être sur tablette ou smartphone ?+

Oui. La Division 240 accepte le support papier ou le support électronique avec son appareil de lecture, à condition que les cartes soient officielles (issues d'un service hydrographique national, le SHOM en France), couvrent la zone fréquentée et soient tenues à jour. Pensez à l'autonomie de l'appareil.

Faut-il embarquer le RIPAM complet ?+

Non. Le texte accepte le règlement complet ou un résumé textuel et graphique, éventuellement sous forme de plaquette autocollante ou de support électronique. Il en va de même pour le document décrivant le balisage de la zone.

Que risque-t-on si le compas manque lors d'un contrôle ?+

La Division 240 fixe les obligations, pas le montant des sanctions. En cas de contrôle en mer, un équipement manquant ou non conforme vous expose à une verbalisation. Le plus simple reste de vérifier le kit navigation avant chaque sortie au-delà de 2 milles.

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